Randonnée contée _ 13 mai 2018


Dimanche 13 mai à 14h30

Randonnée patrimoine : « Randonnée contée en remontant le Robec et l’Aubette » (6 km)

Nous étions une petite trentaine au rendez-vous devant la clinique Saint Hilaire, face au rond point Saint Hilaire et sa roue à aube, pour cette balade contée le long du Robec en présence de la conteuse Marieka Chauffrey.

Nous commençons la balade par la rue des petites eaux de Robec. Le Robec est un ruisseau long de 9 km et qui prend sa source à Fontaine sous Préaux. Il est rejoint par l’Aubette (ruisseau de 7,9km) à Rouen (l’Aubette prend sa source à Epinay).
Tout au long du Robec, en 1868, on dénombrait 16 moulins à céréales, puis ils ont été utilisés pour l’industrie du textile. Nous allons donc passer devant les anciennes teintureries avec les moulins restants.

Nous pouvons admirer les maisons qui bordent le Robec, ainsi que son eau claire et ses habitants !!! (canards et poules d’eau)

Nous arrivons devant une ancienne blanchisserie, avec les bacs (les blanchisseurs utilisaient ce qu’on appelle aujourd’hui « l’eau de javel » afin de blanchir les draps. Auparavant, les curandiers blanchissaient les draps en les trempant dans des bains de sel puis les faisaient sécher à l’air libre) et les jardins, aujourd’hui « jardins partagés ».

Il y a le centre de loisirs municipal « le petit Prince » construit sur le site d’une ancienne pouponnière du XVIII ème siècle qui récupérait les bébés abandonnés dans le tour de l’hospice général : les bébés ont été nourris au lait de vache et sont quasiment tous décédés.
La fontaine des jardains près de la blanchisserie.

En face, nous admirons ce qui reste de la teinturerie Pavie qui date de 1755 : François Pavie a découvert la façon de créer la couleur bleue à partir des racines des Gaudes (plante). Puis ce sont les sœurs de la Providence qui en furent propriétaires vers 1875 et, après abandon, il est maintenant divisé en appartements.

En avançant un peu, nous trouvons un lieu près du Robec où la conteuse, Marieka Chauffrey, nous a conté « l’histoire du vase d’or ».

En continuant notre chemin, nous nous arrêtons devant l’ancienne teinturerie Auvray : auberge de jeunesse de la ville depuis 2004, après avoir été un restaurant, une discothèque... François Auvray la fit construire en 1785 : il y a découvert la couleur rouge à partir des racines de Garance écrasées : ce fut le « rouge de Rouen ».

Nous pouvons remarquer les 3 étages : le lavage au 1er, le mordançage au 2ème et la teinture et le séchage au 3ème.

Puis, tout en admirant les rives, nous parvenons au moulin des Dames de Saint Amand : bâtiment en briques du milieu du XIXème siècle, entièrement reconstruit à cette époque. Auparavant, il appartenait à une abbaye bénédictine entièrement réservée aux religieuses d’où le nom des « Dames de Saint Amand ». Le moulin servait au blé, puis à l‘alimentation des usines textiles : en 1895, il faisait fonctionner les machines à coudre et ce, jusqu’en 1986, date du déménagement de l’entreprise. Actuellement, il est privé et appartient à un passionné qui l’a entièrement rénové.

Nous passons le long du mur d’enceinte d’une ancienne chartreuse : las de tous les combats qui avaient lieu près de la chartreuse et des pillages, les moines ont décidé de déménagé pour la chartreuse de Petit Quevilly vers 1683. Ils emmenèrent quasiment chaque pierre afin de reconstruire la chartreuse Notre Dame de la Rose, il ne reste donc quasiment rien…

Nous passons devant la plaque en hommage à Gambetta, fraîchement restaurée : elle était à la gare de Martainville puis, après disparition, a été retrouvée chez un particulier utilisée comme table de jardin !!!

Nous arrivons au moulin de la Pannevert où Marieka Chauffrey nous conte, devant le four, « l’histoire du pain du diable ».

L’appellation « Pannevert » date de 1587 et vient du nom d’un hameau du Faubourg Saint Hilaire sur lequel il est implanté. C’est l’un des plus anciens moulins : il a encore ses colombages.

Le moulin a des pales courbes ce qui augmentent la vitesse de la roue, donc le rendement…

Après utilisation pour le blé, puis pour la teinturerie (il écrasait les tans), il fut la propriété d’un ébéniste et actionnait les machines et ce, jusqu’en 1950 où il fut laissé à l’abandon. Depuis 1986, les AMR et le CHS ont rénové ce moulin. Il est actuellement une propriété privée et abrite des ateliers d’artistes. Une association « la sauvegarde du moulin de la Pannevert » a été créée en 2004.

Nous continuons vers le CHS (centre d’histoire et d’actions sociales) avec le moulin Saint Gilles : il a longtemps été destiné à broyer du blé, puis a servi pour le textile. Au XIXème siècle, le moulin a été reconstruit en briques alors qu’à l’origine, il était en colombages.

Nous avons trouvé un lieu pour écouter le conte « du grain de blé ».

Puis au bord de l’Aubette, ce fut un autre conte : "le maître Zen" :

Et de retour au Moulin de la Pannevert, Marieka Chauffrey nous a conté « fil tissé, fil signé » entrecoupé de chants et en s’accompagnant d’un tambourin.

Après environ 3 heures de balade contée, nous remercions Marieka Chauffrey pour s’être si bien intégrée tout au long de la visite et qui a su nous captiver avec ses contes si vivants…