Quartier Saint Nicaise _ 19 novembre 2017


Dimanche 19 novembre 2017 à 14h

Balade culturelle dans le quartier Saint Nicaise

Nous voilà réunis, une bonne vingtaine, devant la mairie de Rouen, après un bref historique de la place et de la statue de Napoléon, nous partons pour découvrir ce mystérieux quartier Saint Nicaise, véritable village dans la ville. Tout d’abord une halte devant le célèbre lycée Corneille, un petit clin d’œil à son histoire et nous allons découvrir la façade de la chapelle Jésuite de l’établissement.

Puis en empruntant la rue Bourg l’Abbé, nous pénétrons dans ce quartier autrefois peuplé par les ouvriers du drap et par des religieux. Dans ce secteur nord-est de Rouen, une quantité d’ordres religieux sont venus s’installer au XVIIe et de nombreux vestiges de couvents peuplent encore les lieux, dont un, le monastère des Bénédictines de la contemplation, abrite encore les dernières sœurs cloîtrées de la ville.

En continuant notre chemin, nous rendons hommage à Michel Abbé de l’Epée qui a popularisé le langage des signes pour les sourds et dont une rue porte son nom. Nous atteignons l’ancien quartier de la « Pomme d’Or », un morceau de Saint Nicaise, qui a été rasé par les démolisseurs des années soixante dix : des maisons à pans de bois qui font place aujourd’hui à d’affreux immeubles.

En parcourant les petites rues étroites et bien que ce quartier semble complètement ignoré par ce qu’on appelle aujourd’hui le cœur de métropole, si on ouvre bien les yeux et quelque fois si on lève la tête, on découvre une petite merveille de notre patrimoine : des vieilles maisons à pans de bois, des belles portes en bois, des anciens séminaires, des hospices, des anciens commerces.

Puis, si on pousse les portes, des trésors cachés comme la charmante chapelle Sainte Anne des sœurs Franciscaines de la rue de Joyeuse qui cache quand même des peintures murales de Maurice Denis.

Et voilà le joyau des lieux : l’église Saint-Nicaise, un bijou du 16e siècle, dont la nef a été détruite par un incendie puis reconstruite par Pierre Chirol, en béton bouchardé qui malheureusement a mal résisté au temps.

Hélas on ne la visite pas, mais une petite vidéo, heureusement, a été faite :

mais à l’intérieur encore des trésors cachés :vitraux du XVIe et du XIXe et ceux merveilleux de Max Ingrand, grandes orgues, coupole translucide de béton, des reliquaires etc... , tout cela laissé à l’abandon par de nombreuses municipalités peu respectueuses du patrimoine et qui ne laisseront à nos enfants que des vieilles gravures qui leur montreront « comment c’était ». Heureusement une association « La Boise », qui a pris le nom de l’ancien banc à palabres de la paroisse, se bat « bec et ongles » pour la restauration et la réhabilitation de ce monument.

Nous terminons notre visite par la petite place Juliette Billard, qui se trouve rue de Joyeuse face à l’ancien couvent des Gravelines (lui très bien réhabilité) : les habitants du quartier, sous la houlette de notre amie Danielle, se sont là encore mobilisés pour rendre hommage à cette première femme architecte, à qui on n’a jamais confié un projet puisqu’elle était une femme (drôle d’époque !), mais elle nous a laissé de splendides dessins du Rouen disparu et des maisons à pans de bois.

Nous pouvons en dire beaucoup plus de ce quartier, cela fera l’objet d’un dossier dans notre rubrique « Pour les curieux ».