Petit Quevilly _ 2 décembre 2017


Samedi 2 décembre 2017 à 14h

Balade culturelle : La chapelle Saint Julien et la Chartreuse de Petit Quevilly

Rendez-vous avait été donné aux participants devant la station de métro « Saint-Julien » du Petit-Quevilly. Une vingtaine de courageux avaient bravé la température à peine positive pour cette balade urbaine sur les traces des enclos monastiques successifs du Moyen-âge et du Grand siècle, aujourd’hui dissimulés dans le paysage urbain suite à l’industrialisation de la rive Gauche au 19ème siècle et à l’extension de l’urbanisation de l’après-guerre.
La Chapelle Saint-Julien est l’unique bâtiment du XIIe siècle de l’agglomération qui soit parvenu jusqu’à nous dans son intégralité.

Construite par Henri II Plantagenêt et Aliénor d’Aquitaine, elle a échappé à toutes les destructions des siècles suivants et les extraordinaires peintures de ses voutes sur le thème de la nativité ont fait l’objet d’une remarquable restauration.

La responsable du service culturel de Petit-Quevilly, rencontrée lors de notre visite, nous les a détaillées avec passion et a répondu à nos questions avec une grande gentillesse.

Passant devant l’hôpital Saint-Julien nous avons évoqué son passé de colonie pénitentiaire agricole pour enfants. Nous avons traversé le parc des Chartreux, dernier vestige des vastes futaies de l’enclos monastique qui s’étendait sur près de 50 ha au XVIIe siècle.

En suivant l’ancien mur d’enceinte, nous avons arpenté ensuite la partie du domaine où les moines Chartreux engagèrent en 1686 la construction d’une vaste Chartreuse qui n’était pas encore totalement achevée en 1791 lorsque la Révolution chassa les religieux et confisqua les biens de l’Eglise. Sur ces lieux, et en utilisant une partie des matériaux de construction du monastère inachevé, s’établirent au XIXe siècle les « cathédrales » de la révolution industrielle : ici prospérèrent les usines de produits chimiques BOZEL et surtout MALETRA : vitriol, acide chlorhydrique, cristaux de soude… utilisés dans l’industrie textile omniprésente. Autour des ateliers qui comptèrent jusqu’à 1000 salariés en 1890, un patronat paternaliste édifia des cités ouvrières

où il logeait ses salariés selon leur rang dans la hiérarchie de l’usine. A coté, on dégageait aussi des terrains où étaient déversées des quantités impressionnantes de déchets industriels.
Après un coup d’œil aux cités ouvrières des Maréchaux et à l’école Chevreul emblématiques de cette période industrielle, au détour d’une rue, on retrouve soudain un tronçon de l’enclos monastique et on débouche sur ce qui fut l’emplacement du grand cloître des Chartreux. Une restauration et une mise en valeur pertinente fait aujourd’hui resurgir l’aspect de l’ancien monastère et permet de se représenter ce que fut la vie des moines d’un ordre mal connu à la règle rigoureuse.

Quelques cellules ont échappées à la destruction et sont devenues aujourd’hui des habitations !

L’une d’entre elles a été rachetée par la Commune et peut être visitée.

Plus loin, enclavé dans les entrepôts, on découvre le reste du pavillon d’entrée de la Chartreuse : ce bâtiment classé en 1991 a accueilli un temps les réserves du fonds archéologique régional. Imposant, il laisse imaginer ce qu’a dû être l’église abbatiale et ses annexes, aujourd’hui totalement disparues et dont les pierres ont été utilisées principalement pour bâtir le quartier Saint-Sever.

En revenant vers notre point de départ, toujours en limite de l’enclos monastique, nous avons évoqué sur site deux autres implantations industrielles dont les traces ont disparu dans les années 1980 pour laisser la place au centre d’entretien du Métrobus de Rouen : l’usine d’explosifs BICKFORD (percement du canal de Suez) et l’usine PRESTIL de la mondialement célèbre « Fermeture ECLAIR ».