Les falaises de Varengeville _ 9 juillet 2019


Mardi 9 juillet : Rendez vous à 10h (avec pique-nique)

Randonnée patrimoine : « Les falaises de Varengeville » (avec pique-nique) par Edith Wolbert

Rendez vous était donné sur le parking à l’entrée de la ravissante station balnéaire de Pourville sur mer. Nous profitons du beau soleil et de la marée basse pour randonner sur l’estran, à bonne distance des falaises, compte tenu des dangers d’éboulements : c’est ici que la falaise recule le plus. Une marche plutôt difficile, tantôt sur les galets, puis sur les rochers rendus glissants par les algues mouillées qui les recouvrent, mais le paysage est splendide.

Le cheminement en bordure de mer permet une vue exceptionnelle sur les magnifiques falaises de la côte d’albâtre et de découvrir les valleuses sous un autre angle.

Les valleuses sont nées il y a 2 ou 3 millions d’années, c’était la limite de la calotte glacière. L’été l’eau dégelait en surface donnant naissance à un important réseau hydrographique. Avec le réchauffement, les sols ont dégelé et l’eau a pénétré dans la craie poreuse, entraînant la disparition de bons nombres de cours d’eau, dont seule l’empreinte est restée. Ces dépressions ont donné naissance aux valleuses, véritables témoins de cette époque. Avec le recul de la falaise, certaines de ces valleuses sont devenues suspendues.

Notre marche sur le sable,

nous amène à la valleuse du Petit Ailly au pied de laquelle on peut profiter de la plage de Varengeville : à marée basse, l’endroit est particulièrement magnifique d’autant qu’un artiste a décoré quelques gros rochers de grès éparpillés dans la mer.
Un peu plus loin c’est la gorge des Moutiers : l’accès y est plus difficile.
On atteint ensuite la valleuse de Vasterival empruntée jadis par les pêcheurs de moules et des ramasseurs de galets. On pourrait évoquer ces valleuses pendant des heures tant elles sont riches en petits secrets.
C’est toute une petite société qui vivait autrefois aux pieds des falaises : les pêcheurs à pieds, les ramasseurs de galets, les lavandières qui venaient utiliser l’eau des sources pour rincer leur linge et il y avait aussi les artistes (peintres, poètes et musiciens) et tout ceux qui viennent encore prendre un bol d’air marin ou des instants de méditation.

Nous atteignons maintenant Sainte-Margueritte-sur-mer, où nous nous restaurons de notre pique nique sur la plage : un blockhaus de la seconde guerre mondiale tombé de la falaise est planté curieusement ici à la verticale ce qui nous rappelle la présence du mur de l’Atlantique et le recul de la falaise.

Notre petit groupe se remet en marche pour cette fois se retrouver sur les hauteurs où nous empruntons le célèbre sentier GR21. C’est tout d’abord le Cap d’Ailly : un espace sensible d’une superficie de 46 hectares, propriété de la commune et du conservatoire du littoral surplombant la Manche. Ce site original regroupe différents types de milieux dont les landes à bruyères et ajoncs qui lui donnent un petit air d’Ecosse ou de Bretagne.

Vient ensuite le phare d’Ailly : mis en service en 1958, c’est le troisième phare du nom à cet endroit, un petit phare de 16 mètres au dessus du sol, mais 96 mètres au dessus du niveau de la mer. Il a une portée de 31 mille (57 Km) et envoie trois éclats blancs en 20 secondes.

Nos jambes subissent alors les nombreuses montées et descentes que nous imposent les valleuses, ce qui rend cette seconde partie de notre randonnée très physique. Vu d’en haut, le spectacle est grandiose

et plus encore lorsqu’on arrive à l’église Saint Valéry : elle est entourée de son petit cimetière marin accroché à la falaise face aux flots qui le ronge.

On comprend que bien des artistes soient tombés sous le charme de ce bout de falaise, comme les peintres : Eugène Isabey, Claude Monet, Pissaro, Jacques Emile Blanche, Braque. L’endroit a attiré également les musiciens : Claude Debussy vint composer la mer non loin d’ici et Albert Roussel s’y installa. Et aussi les écrivains : Roland Dorgelès passait ici tous ses étés, les frères Tharaud, des académiciens qui dirent du cimentière de Varengeville qu’il était « un des plus beaux endroits du monde ».

Nous quittons cet endroit paradisiaque pour nous engouffrer dans le ravin de la valleuse des Moutiers : le point de vue est également magnifique mais la pente est raide à cet endroit. Le chemin est très boisé, on pénètre en bordure du Bois des communes au sein duquel on peut visiter le magnifique parc des Moutiers qu’il ne faut pas manquer en juin lorsque les rhododendrons sont en fleurs.
La marche continue à travers champs et bois : notre sentier, compte tenu des nombreux éboulements de la falaise, ne suit pas scrupuleusement la côte mais quelques fois serpente dans le village de Varengeville ce qui nous permet au passage d’admirer de somptueuses villas balnéaires.

Nous arrivons enfin à Pourville, terme et point de départ de notre randonnée, difficile physiquement, mais certainement une des plus belles à parcourir dans notre région.
Avant d’entreprendre ce parcours, il est impératif de se renseigner sur les horaires des marées : il faut toujours partir au plus tôt de la marée descendante, certaines parties de cette randonnée étant recouvertes par la mer à marée haute. Le port de bonnes chaussures de marche est également obligatoire : certaines participantes de notre randonnée ont subi les conséquences d’être mal chaussées.