Le site de Val Igot _ 27 octobre 2018


Samedi 27 octobre 2018 :

Sortie découverte : Le site de Val Igot à Ardouval

Les premiers frimas de l’automne n’avaient pas découragé la vingtaine de participants qui s’étaient donné rendez-vous à POMMEREVAL sur la route de Dieppe en plein pays de Bray. Notre caravane, empruntant une route forestière, s’enfonça dans la forêt d’EAWY. Le massif forestier couvre 7000 ha de part et d’autre de l’allée des Limousins, axe rectiligne de 15 km dont nous avons emprunté une partie à la perspective majestueuse. Autrefois chênaie royale, la forêt d’EAWY est aujourd’hui une hêtraie remarquablement mise en valeur par l’ONF. Résonnant autrefois de l’activité des bûcherons et des charbonniers, depuis MAUCOMBLE jusqu’aux portes de DIEPPE, entre les vallées de la Varenne au Sud et de la Béthune au Nord, la forêt fournissait de l’activité à tous les villages alentours : poteries à MARTINCAMP, forges à ROSAY, verreries aux VENTES SAINT-REMY, tanneries à SAINT-SAENS.
Sans nous laisser démoraliser par une giboulée, au terme d’une randonnée de 4 km, nous atteignîmes le site du VAL-YGOT.

Il constitue aujourd’hui le principal endroit en France où l’on a gardé la mémoire de l’histoire des V1, ces bombes volantes,

armes nouvelles développées en secret par l’Allemagne nazie avec lesquelles Hitler a tenté de modifier le cours de la 2ème guerre mondiale durant l’été 44 en semant la terreur sur Londres, alors que les forces de libération venaient juste de débarquer sur les plages normandes.
L’Association de Sauvegardes du Site du Val-Ygot Ardouval (ASSVYA) a remarquablement restauré et remis en valeur le seul site français de lancement de V1 qui soit encore visible aujourd’hui sur les 400, dont 117 en Seine-Maritime,

qui avaient été installés en France, de Cherbourg jusqu’à Dunkerque et dont les rampes d’envol étaient toutes dirigées vers la capitale anglaise à 260 km.

Sur les lieux mêmes du site, en cheminant entre les différentes installations qui le composent,

abri de V1

nous avons rappelé les circonstances historiques qui ont amené l’Allemagne battue en 1918 à développer des armes secrètes après l’humiliation du traité de Versailles.

Le V1, bombe volante de 2 tonnes, d’une longueur de 8 m et d’une envergure de 5,20 m, chargé de 700 kg de bombes, volait à 600 km/h avec une portée maximale de 260 km. Nous avons détaillé son assemblage sur le site, le fonctionnement de son pulso-réacteur,

son catapultage nécessitant un canon à vapeur,

les aléas de la trajectoire de son vol puis sa chute quand il n’avait plus de carburant.
Nous avons évoqué la terreur et les destructions sur Londres provoquées au cours de l’été 44 : 8500 V1 envoyés, 3500 atteignant leur cible, 6200 tués et 750.000 bâtiments endommagés.

Nous avons rappelé l’héroïsme de la chasse anglaise qui tentait d’intercepter les V1 en vol, et les héros que furent le commandant Mouchotte ou le havrais Jean Maridor qui s’est sacrifié à 25 ans.

station de pompage

La campagne normande elle non plus n’a pas été épargnée durant cet été 44 : Les échecs de lancement étaient nombreux qui provoquaient morts et dégâts dans les environs. Le bruit infernal caractéristique des « casseroles volantes » terrorisait ceux qui l’entendait.

abri d’alimentation

Au terme de notre parcours sur le site, nous découvrons une reconstitution grandeur nature d’un V1 sur sa rampe pointée vers Londres : impressionnant.

En quittant du site, nous étions unanimes pour saluer la qualité du travail de l’ASSVYA qui, aujourd’hui encore, entretient le site et assure son animation tout au long de l’année.

Par un chemin d’exploitation forestière, nous rejoignîmes nos véhicules tout proches au terme d’un après-midi qui, pour beaucoup d’entre nous, aura été une surprenante découverte dans un cadre superbe.