La reconstruction du Havre _ 23 juin 2018


Samedi 23 Juin : à 10h30

Balade culturelle : « La reconstruction du Havre »

C’est par un beau soleil que nous avions rendez-vous dans le quartier Notre-Dame du HAVRE devant la cathédrale, seul bâtiment dont l’ossature était encore reconnaissable après que le centre de la ville eut été rasé par les terribles bombardements de septembre 1944.
Cette journée a permis de découvrir pourquoi Le HAVRE, reconstruite si rapidement parce que 135 ha étaient partis en fumée et qu’il fallait reloger 85 000 sinistrés, fut ressuscitée en 20 ans et inscrite en 2005 au patrimoine mondial par l’Unesco pour sa reconstruction.

Après avoir salué François Ier créateur de la ville au bord du bassin du Roy, là où tout a commencé en 1517,

nous avons rejoint notre itinéraire qui va suivre le tracé du « triangle d’or », enserrant à la fois la plupart des bâtiments reconstruits par Auguste Perret et restituant le tracé de la ville ancienne que les havrais voulaient conserver : la rue de Paris, l’avenue Foch, et le boulevard François Ier.

La commerçante rue de Paris permet de visualiser les principes de base de l’architecture de la reconstruction, mais aussi sa subtile diversité.

Elle rappelle la rue de Rivoli avec des commerces au rez-de-chaussée et un entresol au-dessus, puis l’étage noble souligné par un balcon filant, enfin deux étages supplémentaires sous le toit-terrasse.
Auguste Perret (1874-1954) disait : « Le béton, c’est la pierre qu’on fabrique », mettant en valeur la modernité et la noblesse de ce matériau. La mesure de base unique de 6,24m, aisément divisible par deux ou trois, va permettre de multiplier les possibilités d’agencement de la structure de base ; la préfabrication permettra de travailler vite et à moindre coût. Mais l’esthétique n’est jamais oubliée : les colonnes (porteuses) sont toutes différentes, polygonales, cannelées, à chapiteau… tandis que le béton va être brut, teinté, bouchardé ou lavé.
Sur la place de l’Hôtel de ville, devant les premiers ISAI (Immeuble Sans Affectation Immédiate), nous évoquons le tour de force du MRU (Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme) qui va piloter une reconstruction rapide (premiers habitants en 1950) : moderne par ses techniques, soucieuse de l’hygiène et de l’environnement tout en recréant le cadastre disparu…

L’hôtel de ville, débuté en 1952 et inauguré en 1958 sera monumental, il est composé d’un hall de 143m et d’une tour de 72m et 18 étages. L’inspiration classique et les références à l’Antiquité anoblissent l’édifice. Au centre de la place, les jardins sont réinstallés là où ils se situaient avant la guerre, mais au niveau où était alors la ville, soit 3 m en dessous du niveau des gravats qui n’ont pas été évacués.
Nous continuons notre ballade par la résidentielle avenue Foch qui se termine à la plage au niveau de la porte Océane.

Ici Perret s’est inspiré des Champs-Élysées et chaque immeuble est dédié à un aspect de l’histoire du HAVRE : les fondateurs, les arts, les sciences, et même le HAC ! Nous longeons le square Saint-Roch cher aux havrais et à Jean-Paul Sartre.
Le retour par le boulevard François Ier nous ramène au pied de l’église Saint-Joseph le chef-d’œuvre de Perret.

Achevée en 1959, son clocher culmine à 109 m. Mais c’est à l’intérieur de l’édifice que l’impression est la plus extraordinaire : rien de vient limiter la vue jusqu’en haut du clocher. L’espace est illuminé par les 13.500 morceaux de verre, œuvre de Marguerite Huré, qui dispense une lumière variant au fil des heures, des teintes les plus douces aux rougeoiements les plus incandescents.

À l’issue d’un pique-nique pris sous le regard protecteur de François Ier, après avoir admiré le Volcan (le pot de yaourt des havrais)

maison de la culture œuvre de l’architecte Oscar Niemeyer(1978), ainsi que la perspective du bassin du commerce traversé par la passerelle Gillet (1966),

nous avons rejoint la maison du Patrimoine où nous avons été guidés pour la visite de l’appartement témoin PERRET

qui décline - cette fois ci à l’intérieur de l’habitation - les principes de modernité de l’après-guerre : modularité, luminosité, « living-room », cuisine intégrée, SdB complète, chauffage central…

Une belle journée qui a permis de découvrir Le Havre autrement.