Autour de la gare Rive-Droite _ 14 et 21 janvier 2020


Mardi 14 janvier et mardi 21 janvier : Rendez vous à 14h

Autour de la gare Rive-Droite par Alain Hédin

Une belle balade qui nous fait découvrir un autre quartier de Rouen pas très fréquenté par les touristes. Après s’être regroupés sur le parvis refait à neuf,

nous commençons par découvrir l’histoire de la gare de Rouen.

En 1843, le chemin de fer arrive à Rouen à la gare Saint Sever sur la rive gauche de la Seine,

permettant ainsi aux rouennais de rejoindre Paris en 4h30, contre 12h en diligence.

Dans la foulée, on décide de prolonger cette ligne Paris-Rouen jusqu’au Havre et de créer ainsi une gare de voyageurs sur la rive droite de la Seine. Impossible de la construire près des quais compte tenu de la présence du port. On décide de contourner la ville et de situer cette gare dans une tranchée de 200 m entre les collines Beauvoisine et Saint Maur.

La première gare est inaugurée en 1847. Le chemin de fer se développe et la gare devient insuffisante : on l’agrandit en 1890.

Cela ne suffira pas et en 1906, on décide la construction d’une nouvelle gare et l’agrandissement de la longueur de la tranchée à 374 m. C’est l’architecte Adolphe Dervaux qui remporte le projet.

Les travaux commencent en1912, ils seront interrompus en 1914 et reprendront en 1926. Le 4 juillet 1928, la Gare Rue-Verte est inaugurée : c’est un chef d’œuvre de l’art nouveau, surélevée et perpendiculaire aux voies avec une organisation moderne de passerelles et d’ascenseurs pour que voyageurs et bagages ne se rencontrent pas.

Le hall d’accueil est une magnifique nef en béton armé de 44 m de long, 23 m de large et 20 m de hauteur.

En 1984 Louis Arrecht revoit le hall d’accueil des voyageurs et en 1985, coté voie, une partie de la gare de Dervaux est démolie pour la construction d’un gigantesque parking.

Nous quittons la gare pour nous diriger vers l’église Saint Romain, construite sur l’emplacement du couvent des Carmes Déchaussés.

C’est en 1643 que les religieux ont posé la première pierre de leur sanctuaire. Cette première église fut reconstruite au XVIIIème siècle. En 1790, le couvent est supprimé et détruit. En 1802 l’église, qui abrite le sarcophage de Saint Romain, est érigée en église paroissiale.

C’est à l’abbé Crevel curé de la paroisse de 1809 à 1834 que l’on doit la magnifique collection de vitraux du XVIe siècle qui ornent aujourd’hui l’église. Les verrières restaurées au XVIIIe siècle ont été récupérées dans les églises désaffectées. Cette église peu connue des rouennais est une des plus belles de la ville.

Après avoir remarqué ce qui reste du cloître de l’ancien couvent, nous empruntons une partie des boulevards pour admirer la magnifique façade de la gare en style Art Nouveau en opposition aux habitations Art Déco qui l’entourent.

Nous montons ensuite la rue Bouquet qui nous offre un festival de demeures fin XIXe début XXe, qui, pour la plupart, ont été construites pour des grands patrons de l’industrie toilière.

C’est dans la rue Pierre Sénard que l’on trouvera les plus belles demeures représentatives du style éclectique très à la mode à cette époque. Les plus imposantes se situent rue Verte avec « Les Tourelles »

et « l’institution Saint Dominique » devenues aujourd’hui des établissements d’enseignement.

La plupart de ces splendides demeures est aujourd’hui divisée en plusieurs appartements. Nous avons eu le plaisir de rencontrer un co-propriétaire de l’une d’entre elles qui nous a très gentiment renseigné sur l’historique de la somptueuse maison de maître qu’il habite.

En bas de la rue Verte, nous pouvons découvrir la partie arrière de la gare et en particulier les quelques témoignages d’architecture de la gare de Dervaux que les monuments historiques ont pu conserver après négociation avec l’architecte Louis Arrecht lors de la construction du parking.

En se retournant on peut apercevoir sur le pignon d’une maison une fresque du peintre rouennais Daniel Authouard, malheureusement pas entretenue et sur laquelle on a honteusement apposé un panneau publicitaire.

Nous terminons notre balade par une dernière merveille : « La maison Marrou ». Le célèbre ferronnier a fait construire cette maison en 1889, devant la sortie de la gare ce qui lui permettait de faire découvrir aux voyageurs descendant du train, ce que l’on pouvait obtenir du mélange fer et métal.

Le propriétaire a rassemblé ici tout ce qui se faisait de mieux en décoration à cette époque. Il fait appel à Emile Janet pour l’aménagement intérieur, Alphonse Guilloux réalise les sculptures, Onésime Geoffroy les reliefs de menuiserie, Pouchet les charpentes et les menuiseries et Leprêtre les vitraux.

Fernand Marrou demeure rue Verte jusqu’à sa mort en 1917. La maison devient alors une pension de famille, puis un restaurant. Elle abrite aujourd’hui le service régional de l’inventaire du patrimoine et le centre de documentation de l’architecture et du patrimoine. La façade aurait besoin d’un bon coup de nettoyage, c’est toujours lamentable et dommage de voir des joyaux du patrimoine laissés aux aléas des intempéries.