Archives grammont _ 11 décembre 2018


Rendez vous à 14h

Visite découverte : Aux archives Grammont, visite commentée de l’exposition « Itinéraires de Poilus »

En cette année du centième anniversaire de la fin de la première guerre mondiale, il fallait bien que nous consacrions une de nos visites pour rendre hommage à cet événement au sein de notre association.

Nous sommes accueillis aux archives départementales par Virginie Jourdain qui, comme à son habitude, va nous commenter cette exposition avec beaucoup de professionnalisme et de gentillesse.

Cette exposition recense des témoignages de Poilus pendant la première guerre mondiale, Nombreux sont les jeunes normands qui n’étaient pas destinés à voyager en ce début du XXe siècle. Ces soldats sont plongés malgré eux dans un conflit mondial qui les amène de la guerre des tranchées,

aux camps de prisonniers, des hôpitaux militaires

à des contrées inconnues et parfois à la mort loin de chez eux.

Outre les blessures physiques, ils expriment les blessures morales du combat, de l’enfermement, de la peur … Loin de leurs repères.

Fin juillet 1914, c’est la mobilisation générale. L’Allemagne a ouvert le front de l’ouest en envahissant la Belgique, la ligne de combat s’étend de la mer du nord à la frontière Suisse, des tranchées y sont creusées par les belligérants qui s’installent dans une guerre de position. La guerre est mondiale : certains jeunes soldats sont envoyés sur le front italien, d’autres beaucoup plus loin en Orient.

A travers les vitrines et les photos de l’exposition c’est le témoignage de seino- marins que l’on peut observer.

Dans les tranchées du front ouest, la vie est rythmée par les phases de combats qui font souvent de nombreux prisonniers et de morts.

En combats rapprochés, les soldats utilisent fusils à baïonnette et grenades. L’usage des gaz toxiques se développe mais l’armement le plus mortel est l’artillerie. Jamais une guerre n’aura causé autant de mort parmi les soldats : 34000 pour le seul département de la Seine Inférieure. Face au chaos, des mesures expéditives pour l’inhumation des soldats avec le recours aux fosses communes.

S’ils en ont réchappé, les hommes ne sont plus les mêmes à leur retour de la guerre. Nombreux sont ceux qui conservent des séquelles physiques et psychologiques des combats : certains ont été amputés d’un ou plusieurs membres, d’autres sont défigurés (les gueules cassées).

La prise en charge et la réintégration de ces hommes sont rendues possible par les interventions de l’état et des associations.

Après cette visite très intéressante, nous avons continué en consultant les vitrines et les panneaux qui retracent l’étonnante histoire de ce quartier Grammont : d’abord un prieuré (dont il reste aujourd’hui la chapelle romane), puis une poudrière, un marché aux bestiaux et un abattoir, une sablière et un terrain d’accueil pour la construction de logements sociaux (en commençant par accueillir les petits logements de l’abbé Pierre). Ensuite, sont arrivés les grands immeubles de briques rouges pour enfin devenir aujourd’hui un quartier en pleine réhabilitation avec une médiathèque, une clinique et également la restructuration des logements qui est en cours.

Nous avons terminé notre visite en parcourant le Parc Grammont qui se trouve derrière la médiathèque Simone de Beauvoir. Ce parc méconnu de nombreux rouennais est une véritable merveille du genre, un des derniers nés des poumons verts de la ville.

Cet espace paysager est placé sous le signe du jeu et du dialogue entre générations. Au point le plus élevé du parc, sur le belvédère de pierre blanche, un seul coup d’œil embrasse la cathédrale, la colline Sainte Catherine et la Basilique de Bonsecours. Ce site abritait encore il y a quelques années les abattoirs de Rouen. Il est structuré en diverses aires de convivialité et de créativité, reliées par des mails de promenades. Terrain de l’imaginaire, il amorce un alphabet floral dont les lettres manquantes sont laissées aux rêveries des promeneurs. Un bassin aux plantes flottantes, des berges de saules tressés, une passerelle à fleur d’eau en bois de maçaranduba, une île aux cinq variétés de saules, le parfum de la menthe aquatique… La flânerie prend des reliefs et des motifs changeants propices à l’évasion.

Sources : Almanach ville de Rouen « Les jardins mois après mois » - Edition 2011
Fenêtre sur tour – magazine des archives départementales de sein maritime N°20