Quartier Saint Gervais _ 31 janvier et 28 février 2020


Vendredi 31 janvier 2020 à 14h

Balade culturelle : Découverte du quartier Saint Gervais par Sophie

Nous étions exceptionnellement une petite trentaine au rendez-vous place Saint Gervais pour suivre la visite animée par Sophie.

C’était un lieu de cimetière : le cimetière Saint Gervais se trouvait au nord de l’église et a été désaffecté en 1883 et fermé en 1895. Il a été déplacé au dessous de Mont Saint Aignan : c’est le cimetière de l’Ouest depuis le XIXème siècle.
C’est également au XIXème siècle que les rues ont été percées.

L’église Saint Gervais pourrait se nommer « église Saint Gervais- Saint protais » : En effet, ces jumeaux originaires des Alpes vont être martyrisés à Milan.

Grâce à un songe, Saint Amboise retrouve leur tombe et c’est Saint Victrice qui ramène leurs reliques à Rouen.

Dans cette église, Guillaume le conquérant, blessé, y meurt le 9 septembre 1087.

Thomas Becket de Cantorbéry vient s’y reposer un siècle plus tard. Les saints Mellon et Avitien seraient enterrés dans la crypte de l’église, dans les deux enfeus.
L’église était un lieu de culte et appartenant à une abbaye dont Richard II attribue la gestion à l’abbaye de Fécamp.

L’église a subi de nombreux dommages au fil des siècles et depuis le XIXème, elle est de style néo-roman.

Nous entrons dans l’église pour une rapide visite :

il y a deux chapelles (la chapelle de la Vierge et la chapelle de Saint Joseph), une crypte bien conservée, des vitraux du XIXème siècle. Il y a également un médaillon à l’entrée représentant l’abbé Lefebvre qui a créé une école pour sourds et muets.

Le chœur comporte six peintures murales représentant : Saint Thomas de Cantorbéry, saint Mellon et saint Gervais à gauche. A droite, saint Protais, saint Victrice et saint André.

Le chemin de croix est en bas-relief et « complété » par des vitraux qui représente le même thème dans leur médaillon central.
La chaire date de 1887 et le buffet d’orgue de 1889.

Nous poursuivons notre visite par la rue Louis Thubeuf : cette rue a été créée à l’endroit où se trouvait le cimetière. Louis est le 10ème enfant d’une famille de 12 dont le père est marchand drapiers.

Louis sera commissaire priseur et adjoint à la voirie. Cette rue se termine par une volée de marches débouchant sur la rampe Saint Gervais. De là, sur la gauche, nous voyons une tourelle en briques qui servait de cheminée de ventilation pour le tunnel de chemin de fer.

Nous pouvons remarquer également une sorte de « chemin de ronde » qui servait aux tramways se trouvant en difficulté en provenance de Mont Saint Aignan.

Sur la droite, il y a la chapelle, non visible de la route, où l’abbé Lefebvre faisait l’école. Il acheta trois maisons contiguës sur la rampe Saint Gervais. C’est au numéro 104 de la rue que l’institution avait son adresse. La chapelle est située dans le jardin. A sa mort, cette chapelle est léguée au Département qui la refuse. Sa sœur poursuit alors son œuvre jusqu’au début du XXe siècle. Actuellement, et ce depuis 2010, elle sert d’atelier pour des artistes : "les Ateliers de la Chapelle".

Nous retournons rue Groulard où se situe l’église Saint Gervais. Monsieur Groulard -1551-1607- a été le premier Président du Parlement de Normandie et a créé l’Hospice général. Inhumé au couvent des Célestins, sa dépouille sera transférée de Saint-Aubin-le-Cauf dans la chapelle Saint Etienne à la cathédrale.

Nous remarquons une chapelle face à l’église qui appartient au centre hospitalier spécialisé du Rouvray :

elle date de la fin du XIXème où une école pour les filles a été créée par Mademoiselle Rey. Puis il y a eu les lois Jules Ferry, Mademoiselle Rey a créé sa propre école et le lieu est devenu une école normale. En 1883, Madame Garnier, qui a perdu mari et enfants, créé l’Oeuvre du Calvaire qui accueille les malades incurables et repoussants jusqu’en 1951. Elle en fait don ensuite à l’hôpital de Rouen et cela sert d’internat à l’école d’infirmières puis aux sages-femmes et ce sera ensuite propriété du CHSR jusqu’à aujourd’hui.

Nous empruntons ensuite la rue Morel Fatio : Antoine Léon Morel-Fatio était le peintre officiel de la marine. Il vient d’une famille de banquiers et est né en 1810 à Rouen.

Nous apercevons rue Chasselièvre, un oriol : c’est la maison d’un ex-courtier maritime qui voulait continuer à voir le port.

De l’autre côté, nous pouvons voir l’église Saint Jean Baptiste de la Salle : en 1705, il s’installa rive gauche pour créer son école puis, après la Révolution, ce fût dans le prolongement de la rue d’Amiens. Enfin il racheta une ancienne usine de tissage en société anonyme. Durant la Première Guerre mondiale, ce fût un hôpital secondaire et pendant la seconde guerre, le lieu a été réquisitionné par les Allemands.

Ensuite, nous entrons dans le parc Achille Lefort : conseiller municipal de 1880 à 1902, adjoint au maire de 1888 à 1893. Puis, il est député de Seine Inférieure de 1906 à 1910, inscrit au groupe de la Gauche radicale. Il est l’auteur d’une « Histoire de Rouen », publiée en 1884. Dans ce parc, se trouvent deux sculptures : un homme et une femme. Qui sont-ils ?

A travers les grilles, on voit un bâtiment qui après avoir été une maternité est maintenant une crèche. Il appartenait à la famille Quesnel dont la fille a épousé Monsieur Adrien Des Champs de Boishébert. Les sculptures seraient ses parents.

Et pour finir, nous sommes rue du Renard : cette rue doit probablement son nom à une enseigne. Elle est longue de 2,200 kilomètres, c’est une rue où de nombreuses maisons à greniers à étente sont visibles encore de nos jours.

La visite a été captivante et dense. Merci à Sophie pour ces découvertes.