Les serres du Jardin des plantes _14 décembre 2019


Samedi 14 décembre 2019 à 14 heures :

Afin de satisfaire tous nos amis (très nombreux) qui n’ont pas pu participer à la visite de novembre, notre botaniste Alain se propose d’animer une seconde visite de ces magnifiques serres. Compte tenu que nous circulerons dans un espace restreint nous ne pourrons pas dépasser 20 visiteurs , mais pas de panique, si vous êtes trop nombreux, une troisième visite sera organisée.

Inscription obligatoire à l’adresse mail du Président : alain.hedin wanadoo.fr

la sortie du samedi 9 novembre : le rendez vous était à 14h.

Visite découverte : les nouvelles serres du jardin des plantes de Rouen ( par Alain Legouest)

Nous étions nombreux (une trentaine) pour découvrir les serres rénovées du jardin des plantes inaugurées en mai 2019, après 18 mois de travaux, lors du festival « Graines de jardin »qui se déroule tous les ans et qu’aucun amateur de plantes ne rate.

Le montant global du budget de la rénovation des serres (démontage, mise en conformité des toitures pour la réception du public, remplacement des structures du groupe des sept serres, des systèmes d’ombrage et d’aération et gestion par un automate, valorisation des collections, signalétique) s’élève à 2,3 M d’euros. Le cofinancement a été assuré par la Métropole Rouen-Normandie, la Région Normandie, la Réserve Parlementaire de Mme Fourneyron et la ville de Rouen qui a fait également appel au mécénat auprès des entreprises locales et du public via la Fondation du Patrimoine. Une plaque est aujourd’hui dédiée aux donateurs.

C’est Alain Legouest, ancien jardinier botaniste du jardin des plantes, qui nous emmène.

Tout d’abord, un regard sur la magnifique exposition de chrysanthèmes qui est organisée tous les ans dans le jardin à cette époque : cette année c’est un clin d’œil à Halloween qui nous est proposé.

Au détour d’une allée, Alain nous fait découvrir « l’arbre qui pond des œufs » : l’étonnant et peu fréquent Ginkgo biloba femelle,

une espèce d’arbre parmi les plus vieilles de la planète (250 M d’années) dont le fruit est en fait un ovule qui sera fécondé seulement en fin de saison, après grossissement.

Un peu plus loin c’est sous un Parrotia qu’Alain nous explique que c’est un des arbres qui produit un bois des plus durs, de densité 1,2 ce qui le fait surnommer « l’arbre de fer » (Alain s’excuse auprès des participants pour avoir annoncé une densité de 7 lors de la visite, après la vérification, il m’a fait la demande de rectifier, je crois que compte tenu la qualité de sa visite, on peut lui pardonner).

Nous arrivons ensuite dans la serre de l’évolution, aussi nommée la serre à l’horloge, construite entre 1842 et 1845.

Nous pouvons découvrir toute l’histoire des plantes depuis la création du monde : Alain a astucieusement résumé cette histoire de la planète en la comparant à une journée de 24 heures afin que son auditoire se repère plus facilement dans les époques de création et de développement. On a pu apprendre qu’ainsi l’homme apparaît seulement 5 secondes avant la fin de la journée.

Nous voilà devant le groupe rénové des sept serres datant de 1883-84 dont certaines étaient dans un état de ruines et avaient dû être fermées au public.

La serre centrale ou Palmarium (la plus haute d’entre elles et inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques) a été entièrement démontée et rénovée et sa toiture mise en conformité pour l’accueil du public. La jungle quelle abritait avant a fait place à un parcours pédagogique incluant des plantes utilitaires.

Les six autres serres de ce groupe ont été démontées, désamiantées et déplombées et l’ancienne structure en bois, ou en acier pour certaines, a été entièrement démontée pour être remplacée par de l’aluminium, rehaussée de 50cm.

Deux autres serres attenantes (sur la droite de l’entrée) et complètement en ruine ont été rasées et une nouvelle serre plus grande et plus fonctionnelle a été construite à leur emplacement, avec la création d’un hall d’entrée comportant des panneaux pédagogiques expliquant les missions d’un jardin botanique.

Les plantes sont présentées par milieux ou selon leur utilisation en ce qui concerne le Palmarium dans lequel on peut découvrir : bananiers, caféiers, goyaviers, cacaoyers, papayers et bien d’autres plantes.

caféier

papayer

Puis nous entrons dans la serre des succulentes, que l’on appelle aussi plantes grasses, groupe de plantes incluant les cactées. Ces dernières étant l’aboutissement de l’adaptation de ces plantes à la sécheresse, mais qui, contrairement aux idées reçues, ne poussent pas dans les déserts.

Alain nous explique les différents mécanismes de leur adaptation tant par la captation de l’eau, sa mise en réserve dans les différentes parties de la plante et l’ingéniosité des stratagèmes imaginés pour la retenir, ainsi que leur utilisation dans les domaines de la médecine, de la nourriture ou de l’industrie.

Puis vient la serre des plantes carnivores, résultat d’une adaptation au manque de nourriture dans le sol (tourbières, sols sableux très pauvres ...). Notre spécialiste nous informe sur les différentes techniques employées par ces plantes pour attirer, capturer et digérer leur nourriture que sont les insectes.

La visite se termine par le groupe des serres tropicales qui abrite la star du jardin des plantes : le nénuphar géant d’Amazonie (Victoria cruziana), le plus grand nénuphar de la planète avec ses feuilles imposantes en forme de plateau à tartes.
Cette plante est exceptionnelle en France (seulement quelques jardins botaniques la possèdent).

Dans ce groupe de serres également rénové et mis en accessibilité pour les personnes handicapées, on peut observer un ensemble d’orchidées, dont certaines rares, ainsi qu’un grand nombre du genre Paphiopedilum ou Sabot de Vénus, qui comporte une dizaine d’espèces menacées d’extinction dans leur milieu naturel et qui sont préservées ici.

Voilà encore une superbe découverte d’un lieu qui pourtant nous connaissons, mais qui cache jalousement ses secrets, encore merci à notre ami Alain pour ses explications très enrichissantes.

pdf/jardin_des_plantes_-_plan_general_legende.pdf