La reconstruction de Rouen _ 7 septembre 2019


Rendez-vous à 14h30 :

Balade culturelle : « La reconstruction de Rouen » - Sophie Marini

Le rendez-vous était donné au bout du pont Boieldieu rive gauche

où Sophie Marini nous a rejoint.

De là, nous avions une vue sur la cathédrale

et le théâtre des Arts rive droite.

A la libération, plus de 80 hectares ont été détruits sur les deux rives, beaucoup de personnes sinistrées, tous les ponts sont détruits et il y a énormément d’épaves dans la Seine.
L’urgence a donc été de construire un pont, de reloger les personnes sinistrées et d’évacuer les épaves qui empêchaient la circulation sur la Seine.
Il a donc fallu aller vite d’où l’utilisation du béton. Le financement provenait du plan Marshall et d’emprunts.

• Un pont de type Bailey (il s’agit d’un pont provisoire à treillis en acier à poutres latérales avec un platelage bois conçu pour un montage rapide à partir de pièces préfabriquées standard, utilisé à l’origine pour des opérations militaires) a été construit en 48 heures afin de pouvoir traverser la Seine ;

• Les épaves dans la Seine ont été évacuées en environ 6 mois avec l’aide des américains de septembre 1944 à février 1945. C’est à cette période que les rouennais ont vu pour la première fois un bulldozer ;

• Fin 1944, le ministère de la reconstruction et de l’urbanisme nomme Raoul Dautry, architecte de ligne plutôt classique, et Eugène Marius Petit, architecte plutôt dans la lignée de Le Corbusier. Il y a eu également Jacques Greber qui a été nommé par le gouvernement de Vichy dès 1940 : il a présenté différents plans de reconstruction entre 1940 et 1944 puis est parti à Ottawa en 1948 ;

• D’autres architectes ont participé à la reconstruction : Henri Bahrmann, Marcel Lods, François Herr. Leur concept : laisser passer l’air et le soleil, créer de l’espacement et des séparations et ne plus avoir d’appartements surpeuplés ;

• La reconstruction s’est faite par îlots, les voies ont été élargies, les bâtiments administratifs construits rive gauche, la cathédrale a été dégagée (construction d’immeubles à 3 étages afin de garder la perspective) et le plâtre qui recouvrait les maisons à pans de bois a été retiré ;

• Il a fallu, une fois la Seine dégagée des épaves, surélever les quais et les ponts afin que les bateaux puissent passer entre Paris et Le havre, d’où les quais bas et les quais hauts actuels ;

• Il y a eu des polémiques comme pour le théâtre des Arts : Il a été détruit afin d’être complètement reconstruit au même endroit. Or, certains trouvaient que la façade du XIXème de l’ancien théâtre des Arts était restée en bon état et aurait pu être reprise. L’intérieur avait été complètement dévasté ;

• Les ponts : Corneille a été inauguré en 1952, Boieldieu en 1955 et le pont Jeanne D’Arc en 1956. Ce qui a retardé leur construction est l’élévation des quais.

Nous sommes ensuite allés rue Chirol puis rue des Docks où nous avons pu admirer la construction de ces deux immeubles reliés par le 10ème étage et comportant une arche.

L’immeuble des Docks, commencé en 1950- dû à Pruvost, Lair, Fayeton et Rémondet- présentait à l’origine un rez-de-chaussée ouvert mais il y avait trop de courants d’air, il a été fermé par des vitres.

Cet immeuble comprend deux parties reliées entre elles au niveau du 10ème étage par une sorte de pont dans lequel se trouvent des appartements. On peut remarquer ici l’application des principes du mouvement moderne, avec des immeubles en hauteur, permettant de dégager des espaces libres amenant air et lumière aux appartements qui sont traversants.
Nous avons pu entrer dans le hall et admirer la luminosité ainsi que les photos de la construction.

Puis, nous sommes allés voir la tour de la sécurité sociale qui est, depuis 1992, une résidence étudiante (résidence Marc Orlan).

Cette tour construite après guerre, a 4 façades différentes.

Elle est due à Tougard, Bonnet et Ratier et présente une structure apparente, sur 10 étages, ainsi qu’un escalier extérieur : c’est un peu le premier « gratte-ciel » de Rouen.

Cette première approche a été une excellente découverte. Il y a encore beaucoup à dire sur la reconstruction tant rive gauche que rive droite. A suivre peut-être ?