Découverte de la ville d’Evreux _ 23 août 2018


Jeudi 23 août : Rendez vous à 10h (avec le pique nique)

Balade découverte : Evreux, la Cathédrale, l’abbaye Saint Taurin, le centre ville.

Nous nous retrouvons en ce début de matinée grise sur le pré du Bel Ébat à Évreux pour partager une journée qui s’annonce sous le signe de la découverte. D’ailleurs, le terme même « d’ébat » désigne - dans les traités de vénerie - l’endroit où la meute peut se détendre ou en patois normand, l’espace pour se mouvoir.

Nos premiers pas nous conduisent jusqu’au Musée d’art et d’archéologie où nous attend notre guide. Elle nous dévoile les secrets tant architecturaux qu’artistiques que possède cet ancien palais épiscopal, bâti sur l’ancien rempart (IIIe-IVème siècle ap J.C.) par l’évêque Raoul du Fou, seigneur breton, vers 1600.

Les deux statues de bronze gallo-romaines, Jupiter et Apollon, découvertes sur le site de Gisacum, nous permettent d’aborder le procédé de la fonte à la cire perdue. Nous y admirons aussi la châsse de saint Taurin, premier évêque d’Évreux (XIIIème siècle) dont le commanditaire est Gilbert de Saint-Martin (Abbé de l’abbaye Saint-Taurin, XIIIème siècle), ou le retable en albâtre de Juignettes (XVème siècle) contant les vies de la Vierge et de saint Georges, saint patron de l’Angleterre.

A la sortie de ce lieu surprenant et après un bref historique de la ville, les deux tours occidentales médiévales de la cathédrale - entièrement rhabillées à partir de 1550 - nous invitent à entrer.

Nous y découvrons des éléments du faux triforium roman aux arcs entrecroisés, les 5I stalles du chœur offertes par Charles le Mauvais pour se racheter auprès de Jean II le Bon, roi de France, d’avoir assassiné son favori. Nous passons la chapelle aux Trésors - dont les serrures des portes et de l’armoire ciselées et ornées de réseaux flamboyants, ont été admirées par Victor Hugo - pour nous installer dans la chapelle de la Mère de Dieu financée par Louis XI, qualifié cependant de « pingre ». Ses vitraux, décorés au « Jaune d’Évreux » ou de pièces montées en chef-d’œuvre, relatent la vie de Marie, l’enfance ou la vie publique du Christ.

L’ensemble est couronné par les armes des Pairs de France ayant assisté au sacre de ce roi, figuré à deux reprises sur les verrières.

Puis nous tentons de déchiffrer sur les panneaux inférieurs des clôtures, les vertus théologales et cardinales avant de découvrir les vices à travers le singe ou l’ours enchainés.

Notre sortie s’effectue par le portail nord, voulu par l’évêque Raoul du Fou et réalisé par Jehan Cossart, qualifié de « Maître-maçon d’Évreux ». Le décor très abondant est caractéristique du style gothique flamboyant.

L’architecte s’inspire alors de l’œuvre de Martin de Chambiges à Sens et à Beauvais, mais il va plus loin ici car les accolades des arcs sont plus prononcées, ainsi que la hauteur des gâbles.
La prochaine étape, devant le bâtiment de l’ancienne Sécurité sociale,

rue de l’Horloge et de l’ilot O, noyé dans la végétation et datant de la Reconstruction, évoque une période triste de la ville. En effet, Évreux subit deux bombardements : le premier en juin 1940 par les troupes allemandes et le deuxième en juin 1944 mené par les Alliés. La ville, sévèrement touchée, va faire l’objet d’un Plan de Reconstruction et d’Aménagement dès 1943 conçu par Paul Danger. Il sera remanié par l’architecte Bailleau dès novembre 1944 : Il va redéfinir les voies de circulation, les espaces publics et les futurs quartiers périphériques.
Même sur une façade simple et épurée, on note la présence d’un décor ou d’une mise en valeur des espaces par des matériaux nobles comme le grès des Vosges, des plaques de béton claires ou sombres, des encadrements de fenêtres aux linteaux et appuis en béton apparents.
Les cages d’escalier sont éclairées par de hautes verrières. Ces nouvelles constructions seront dans l’ensemble bien acceptées par la population ébroïcienne car elles conservent un aspect néo-régionaliste avec l’utilisation de la brique et de l’ardoise. Elles s’intègrent d’ailleurs parfaitement dans l’environnement grâce au respect de dimensions raisonnables.
L’architecture du XIXe est encore très présente dans le centre-ville. Le Pavillon Fleuri, foyer des soldats pendant la Première guerre mondiale puis salle de bals et de banquets, jouxte la Maison des Arts, bâtiment ayant hébergé le premier musée. Lors de son inauguration, une exposition de 500 œuvres est organisée, certaines seront offertes aux gagnants d’une loterie.
Corneille et Boieldieu surveillent l’entrée du théâtre inauguré en 1903.

Il est imaginé par Léon Legendre mais bâti grâce à la générosité de Mme Adélaïde Janin. Cette dernière participe aussi au financement de la fontaine dont la figure centrale représente la rivière Eure accompagnée de l’Iton et du Rouloir, incarnés par deux enfants.
L’Hôtel de Ville, quant à lui, nous ouvre ses portes très chaleureusement.

Un agent municipal nous guide vers la salle des mariages,

dans laquelle Charles Denais représente au plafond le premier mariage civil célébré à Évreux. Il reprend le visage de sa femme pour peindre la mariée.

A la sortie de ce bâtiment néo-classique, nous admirons le beffroi qui héberge une horloge et la cloche surnommée la « Louyse » du nom de son parrain, Louis de Guyenne, un des fils de Charles VI.

Après avoir longé l’Iton, nous nous dirigeons vers l’ancienne abbaye Saint-Taurin,

dont le cloître est aujourd’hui occupé par la CPAM de l’Eure, et les autres bâtiments conventuels par les Sœurs de la Providence.

Édifiée sur la tombe de saint Taurin, redécouverte au VIIe par saint Landulfe, l’église donne à admirer des vestiges allant du XIIème au XVIIIème siècle : le linteau de la façade du XIIIème siècle relate les miracles de saint Taurin et son combat face au démon. Le cloître, quant à lui, encore visible aujourd’hui, fut construit grâce à une aide financière du roi Charles X.

Encore de belles découvertes... Merci à notre guide.