Expo Ronel à Saint Pierre de Varengeville _ 12 et 19 décembre 2019


Jeudi 12 décembre : Rendez vous à 14h15 (sortie complète)
Jeudi 19 décembre : rendez-vous à 14h30

Visite découverte : Ronel au centre d’art contemporain de la MATMUT à Saint Pierre de Varengeville

A l’intérieur d’un magnifique château, néo Louis XIII du XIXe siècle, le centre d’Art Contemporain de la Matmut vous invite à découvrir l’histoire et l’architecture du lieu. Vous pourrez apprécier à l’extérieur l’ouvrage de l’architecte Lucien Lefort, les ferronneries de Fernand Marrou ou la taille de pierre d’Edmond Bonnet.
Le château se situe dans un parc de 6 hectares avec des univers différents qui évoluent au rythme des saisons : le jardin Japonais, le jardin des cinq chambres, l’arboretum et la roseraie Renaissance italienne, le tout peuplé des sculptures monumentales de célèbres artistes

C’est pour une nouvelle visite découverte que nous nous retrouvons devant le beau château de Saint Pierre de Varengeville, magnifiquement restauré par la MATMUT pour en faire un centre d’art contemporain. La saison et le climat n’étant pas propices à une visite des jardins, nous nous rendons directement à l’intérieur du château. C’est Elise qui nous accueille pour nous faire visiter l’exposition du moment consacrée aux œuvres du peintre Ronel.

Christophe Ronel est né en 1964 à Rouen. Fils du peintre Marcel Laquais, il est invité dès son plus jeune âge au dessin et à la peinture de terrain et adopte très rapidement le pseudonyme de Ronel, nom de jeune fille de sa mère.

Agréé en art plastique, il enseigne à l’école Nationale Supérieure des Arts Appliqués et Métiers d’Arts Olivier de Serres à Paris, à partir de 1990.

Depuis le début des années 80, plus d’une centaine d’expositions personnelles lui ont été consacrées en France et à l’étranger, aussi bien dans des galeries qu’en centres culturels et musées. Ses œuvres figurent également dans diverses collections publiques et privées. Ronel a collaboré à diverses éditions en tant que peintre illustrateur. De nombreux catalogues et une monographie lui ont été consacrés et ses carnets de voyages ont fait l’objet de plusieurs publications.

Lors de ses nombreux voyages, l’artiste ne photographie pas, il réalise, sur ses carnets de voyages, des croquis sur place. Au retour, tout ce travail d’extérieur est stocké, constituant ainsi les éléments d’inspirations dans lesquels Ronel va puiser pour composer et réaliser ses toiles en atelier, généralement des grands formats.

« J’adore bouger, explique l’artiste. Et quand je rentre de voyage, je fais en sorte que cela aille au-delà ». Ronel consacre ses moments de liberté à sillonner la Méditerranée, puis toujours plus loin, arpenter le Sahara, aborder l’Afrique Noire. Le Sénégal, et le Burkina Faso le fascinent, au point qu’il y retourne plusieurs fois, avant d’embrasser les Amérique, l’Inde, l’Asie … Ces pérégrinations lui sont essentielles : elles permettent de « réanimer les sensations », dit Christophe Ronel.

De chaque destination, l’artiste rapporte des gris-gris rares et des colifichets émouvants qu’il installe sur les murs de sont atelier ou dans les vitrines qui envahissent sa maison, nichées entre les bibliothèques garnies des ouvrages qui ont permis de rêver les voyages avant de les accomplir.

A chaque retour, aussi « chaque pays est archivé » raconte-t-il ; il constitue des dossiers avec le soin d’un entomologiste. Il y glisse des documents, des photographies, des croquis, qu’il appelle ses « notes à vue » : tout cela décante ensuite, augurant des variations à naître sur la toile et sur le papier.
Aux « carnets de terrain » composés à partir des esquisses prises sur le vif, « une saisie permanente » naturelle, pour ce fils de peintre paysagiste élevé « dans la pratique de terrain » succèdent des dessins au crayon feutre, des peintures à l’aquarelle. Finalement les toiles surgissent, « plus complexes et composites ». A travers elles, toujours le peintre laisse apparaître « une histoire que je me raconte. C’est toujours la réinvention qui me tient à cœur ». L’observation cède le pas à l’imagination. Et les obsessions de l’artiste l’articulent.
Des thèmes récurrents surgissent : les harpies et les poissons volant par exemple. Les êtres qui s’imposent sont alors hybrides, chimériques, allégoriques.

Les toiles de Ronel sont conçues comme un spectacle de théâtre : le monde entier est ainsi calligraphié, aligné, raisonné. Metteur en scène du spectacle de la vie, le peintre l’ordonne, le cantonne et l’apprivoise en le magnifiant.
Davantage qu’une fenêtre sur la vie, la toile est un castelet, souvent bordé de rideaux. « On ne sait pas forcément ce qui va arriver »explique l’artiste, en s’attelant à une nouvelle œuvre. Environ 2500 toiles ont déjà surgi de l’atelier « je ne veux pas contrôler ce que je vais faire » dit-il encore. Et l’énigme se répand. L’intuition prend le pouvoir. Tandis que l’épouse de Christophe Ronel joue du violon, que leur chatte clochette ronronne, sur la toile les déplacements si chers à l’artiste se muent en décalages et les souvenirs en « vestiges ».

En résumé une très belle exposition que nous avons eu le plaisir de visiter avec les explications très détaillées de notre guide : merci et grand bravo à Elise. Et merci également à la MATMUT pour son accueil toujours sympathique au centre d’art contemporain de Saint Pierre de Varengeville.

Sources : Ce compte rendu est composé d’extraits de textes du catalogue de l’exposition